On peut poutrer du zombie et rester féminine
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12 avril 2008 à 11:23 - dans Jeux - par Maïa
On a toutes joué à Animal Crossing un jour. Toutes. Même toi Carla Bruni (des jambes d’1m50 ne protègent pas de cette addiction). Et puis un jour, on a arrêté. Toutes. Parce qu’on avait déjà une maison de douze pièces, parce que Tom Nook nous sortait par les yeux, parce qu’arracher les mauvaises herbes c’est cool pendant six mois mais on finit quand même par se lasser. Le problème c’est l’après. Parce que la cartouche, elle ne disparaît pas, ni les personnages, ni le petit univers qu’on s’était créé avec amour.
Quand j’ai le malheur de vouloir changer de jeu sur ma DS, la cartouche d’Animal Crossing me regarde avec ses grosses puces pleines de reproches. Je vous jure, elle me regarde. Et moi je tente de l’ignorer mais ma conscience est lourde. Qui sait ce qui se passe dans le jeu quand on arrête d’y jouer ? Je n’ai jamais osé regarder. J’imagine que ma ville est envahie de mauvaises herbes et de cafards, que les résidents ont tous déménagé, que le hibou du musée est devenu alcoolique, que Tom Nook s’est pendu après avoir perdu sa seule cliente. Si je rallumais Animal Crossing, ce serait peut-être la guerre civile. Le castor aurait bouffé les arbres et les cadavres des gardes à l’entrée. L’adorable petite souris aurait sans doute planté un parapluie dans l’œil de l’alligator. Des unions contre-nature auraient eu lieu et des chatons à tête de perroquets partiraient à la pêche au saumon.J’ai peur d’Animal Crossing parce qu’en mon absence tout est devenu possible – et parce que je suis trop lâche pour revenir mettre de l’ordre dans ma propre ville. Je me sens ingrate et irresponsable. Après tout, ces personnages ont été mes meilleurs potes, au moins une heure par jour, pendant des semaines, et je les ai abandonnés.Animal Crossing c’est comme le vieil oncle qu’on n’appelle jamais parce qu’on a peur qu’il ait vraiment besoin de vous, ou que personne ne décroche.Honte à nous les filles, et honte aux développeurs de ne pas avoir créé un paradis pour personnages abandonnés. Il me gonflait, Tom Nook, mais je préférerais qu’il ne soit pas en train de se balancer au bout d’une corde. Où vont les pixels perdus ? Est-ce qu’à force d’avoir été fantasmés, les personnages de jeux vidéo obtiennent un semblant d’âme ? Je ne sais pas. Mais je sais que je vais brûler ma cartouche d’Animal Crossing.
Tags : animal crossing, ma console a des yeux, Nintendo, psychose personnelle
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Popo dit :
17 avril 2008 à 7:49
héhé c’est trop vrai
xanderross dit :
17 avril 2008 à 10:21
Je suis un mec et pourtant j’ai la même crainte que toi, mais avec la version gc.